Aujourd’hui, je vous invite à me suivre à Pamukkale, près de Denizli, au sud-ouest de la Turquie. Ce site naturel, hors du commun, abrite les ruines antiques de Hiérapolis et des immenses terrasses d’une blancheur éclatante. Son incontestable splendeur et son thermalisme millénaire lui ont permis d’être classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Je me suis rendue, à Pamukkale, en bus, à la fin du mois d’octobre. Partant de Bodrum, le trajet dure 4h30. Je suis rentrée dans le complexe par la porte sud.
La Tuffière
Vue de loin, la colline de Pamukkale, surnommée « château de coton » par les Turques, ressemble à un glacier. Ses magnifiques travertins, terrasses calcaires blanches, doivent leur couleur aux 17 sources d'eau chaude qui les alimentent.
Les travertins ont été formés, au fil des millénaires, par l’infiltration des eaux thermales dans les roches calcaires. Après évaporation, les eaux chargées, de minéraux et de CO2, laissent des couches de calcium solidifié. Ce calcium a donné naissance à des vasques en forme de piscines naturelles. Certaines d'entre elles ont une température de plus de 45 °C. Lorsque les vasques débordent, l’eau rejetée se transforme en cascades de calcaire pétrifié. Cette merveille géologique s’appelle une « tuffière ».
Si cette explication vous paraît compliquée, regardez, sur la photo ci-dessous, ce que cela donne dans la réalité. Cette magnifique image vous montre ce que vous devriez voir à Pamukkale : des vasques, éclatantes de blancheur, remplies d’une eau limpide et turquoise. Cette photo alléchante donne envie d’aller en Turquie pour admirer cette rareté de la nature.
Mais attendez de lire la suite et, surtout, regardez les photos !
Visite de Pamukkale
Protection de l’environnement oblige, le site se visite à pieds nus. Je vous conseille de porter des chaussettes pour ne pas vous faire mal aux pieds. Le calcaire est coupant !
Pour gravir la colline, Il faut emprunter un chemin qui permet de voir les bassins de près. Les vasques longeant ce chemin sont en béton. Une fois recouvertes de calcaire, ces piscines artificielles paraissent plus vraies que nature. Elles sont ouvertes au public. Il est à noter que certains bassins sont interdits au public. En voyant les photos, on remarque facilement qu’il n’y a pas d’eau.
Un chemin de ronde en bois serpente sur les hauteurs de la colline. De là, on peut avoir une vue d’ensemble sur tous les travertins. À mon grand étonnement, peu de travertins étaient remplis. Leur eau grisâtre reflétait le couleur du ciel.
Quelle déception ! J’avais fait un long déplacement pour admirer un paysage de carte postale mais la réalité a été toute autre. Je me suis retrouvée face à une grande quantité de vasques asséchées, sales ou envahies par de la mousse verte et brune. Le site ne ressemblait en rien à ce que l’on pouvait voir sur Internet ou dans les brochures touristiques. J’avais devant moi, l’envers d’un décors idyllique. Mais où était donc passé ce paysage féerique vanté un peu partout ?
Pour en savoir plus, j’ai interrogé un gardien. En un mauvais anglais, il m’a expliqué que j’aurais dû venir durant les vacances d’été. À cette période, les vasques sont remplies. Il m’a aussi fait comprendre que les bassins, alimentés par des robinets, ne peuvent être remplis en permanence. Pour conserver leur éclatante blancheur et enrayer la propagation des algues, ils doivent être complètement vidés avant un nouveau remplissage. Cette maintenance se fait hors saison.
À l’entrée du site, je n’ai vu aucune annonce concernant un entretien des terrasses. Les catalogues de voyages restent également silencieux sur ce sujet. C’est une histoire de gros sous. Un visiteur averti ne visiterait pas un lieu qui n’est pas conforme à l’idée qu’il s’en fait. Une diminution du nombre des entrées engendrerait des pertes financières.
En résumé, je me trouvais au bon endroit mais au mauvais moment. Malgré ce désappointement, je n’ai pu m’empêcher d’admirer cet étrange paysage lunaire et le beau panorama qui s’étendait au loin.
L’Antique Pool
Le sommet de la colline abrite aussi une station thermale où Cleopâtre serait venue se baigner. Construite par les Romains, l’eau minérale, naturellement chaude à 36°C, était reconnue pour ses bienfaits thérapeutiques. Dans le fond du bassin, on peut apercevoir des colonnes provenant d’un portique tombé, lors d’un tremblement de terre, au 7ème siècle. L’entrée est gratuite, mais pour accéder au bassin d’eau thermale, il vous faudra payer 50TL. Personnellement, j’ai trouvé que cela n’en valait pas la peine.
Visite de Hiéropolis
Hiérapolis a été fondée, par les rois de Pergame, à la fin du IIème siècle avant J.C. Cette cité gréco-romaine, dédiée à Pluton et Apollon, a connu une grande notoriété grâce aux sources thermales. Certains vertiges sont encore visibles. Cette ville antique a, également, été inscrite au patrimoine monial de l'UNESCO.
Faute de grives, on mange des merles! Je me suis rabattue sur la découverte des ruines de Hiérapolis. Si même elles ressemblent à celles d’Éphèse, elles en valent le détour. Ici, pas de mauvaise surprise, les pierres sont telles quelles depuis 2000 ans.
Mon avis
Le manque d’eau dans les bassin m’a déçue. Le site ne semble être opérationnel que durant la belle saison. En-dehors de cette période, la direction du site joue avec les robinets : on ouvre, on ferme, on ouvre, on ferme...
Par manque de chance, je n’ai pas pu admirer Pamukkale comme je l’espérais. Je pense que les visiteurs devraient être informés sur les périodes d’entretien des vasques. J’ai, tout de même, essayé de relativiser car voyager c’est aussi faire face à des imprévus.
Quelques jours auparavant, j’avais visité Éphèse. Les ruines étaient envahies par une horde des touristes à tel point que j’ai eu difficile de faire des photos. C’était franchement désagréable. À Pamukkale, par contre, je n’ai croisé qu’une poignée de visiteurs. Cela m’a permis de faire mes visites en toute tranquillité.
Pamukkale vaut-il la peine d'être visité? Si vous avez le temps ou l’envie de le faire, allez-y ! Cependant, ne vous fiez pas trop aux belles photos exhibées par des agences de voyages ou les réseaux sociaux.
Personnellement, je n’y retournerai pas.
Infos pratiques
- Le site est ouvert tous les jours, de 8h à 18h. Il est préférable de venir dès l’ouverture pour éviter la cohue. En haute saison, il y a énormément de monde et en basse saison, la plupart des vasques sont asséchées. Il faut trouver un compromis entre ces deux inconvénients.
- Le prix d’entrée est de 80 TL. Il comprend l’accès à Pamukkale et à Hiérapolis. Pour accéder aux thermes et au musée, il faut payer un supplément ou acheter un billet combiné de 100 TL.
- Le site comporte 3 entrées. La porte sud est proche du musée, de la piscine de Cléopâtre et des travertins publics. La porte nord mène aux ruines de Hiérapolis. L’entrée de la ville de Pamukkale commence aux piscines publiques. On y circule pieds nus car les souliers abiment les travertins.
- Le site est protégé et surveillé. Des panneaux indicatifs précisent les piscines accessibles au public et les piscines interdites d’accès.
- Si vous sortez du site, vous ne pourrez plus y rentrer. Pour y revenir, il vous faudra payer une nouvelle entrée.
- Il y a possibilité de se baigner dans certains bassins. Cela dépendra de leur alimentation en eau.
- Il faut pas oublier de se protéger du soleil.
- Il vaut mieux venir avec des boissons et des collations car les produits vendus dans le magasin des bains sont hors de prix.
Pour plus de renseignements sur Pamukkale, vous pouvez consulter WIKIPÉDIA.
Article associé


































